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ENTRE LA DYSGRAPHIE ET LES DIFFICULTÉS D'ÉCRITURE : UNE RÉÉDUCATION PSYCHOMOTRICE
Publiée le samedi 14 novembre

L'écriture n'est pas une tâche facile, elle demande des capacités psychomotrices importantes tellement différentes tout en étant liées entre elles.

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Écrire est indispensable pour acquérir l'acte graphique nécessaire durant toute la scolarité de l'enfant.  Pour cela l'enfant a besoin de stimuler son corps et son cerveau au travers de jeux afin de réguler correctement les différents domaines nécessaires à l'écriture. 

  •  La posture,

Votre enfant doit se positionner de façon à laisser libre la main/le bras afin de trouver une fluidité. Les mauvaises positions souvent retrouvées sont nombreuses comme : la tête trop proche de la feuille, le bras (non utilisé) tenant la tête, la tête positionnée sur la main posée sur la table, les pieds sur la chaise ou sous la chaise en arrière ... Lorsque l'enfant passe (au niveau visuel) de sa feuille à une autre feuille ou de sa feuille au tableau, ces mouvements oculaires (et de la tête) peuvent totalement déstabiliser son corps et l'amener à mettre en place les compensations décrites ci-dessus.

Votre enfant a besoin de sa main dominante pour écrire avec le bras qui glisse (sans avoir le coude levé) sur la table tout en ayant l'épaule, le poignet et les doigts souples. Les pieds doivent être posés au sol ou sur un tabouret, il doit être assis confortablement avec ou sans le dossier de la chaise (selon sa préférence), la tête et le dos redressés.

Le corps est important dans tous les actes de la vie, une mauvaise posture peut entrainer beaucoup de difficultés dans les apprentissages et dans la relation à l'autre. Une mauvaise posture n'est pas naturelle, elle est simplement une compensation amenée par l'enfant/l'adulte afin de pallier à une difficulté.

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  • Le tonus,

Nombre de vos petits bouts se retrouvent avec un tonus (énergie musculaire) bien trop élevé par rapport à la demande graphique. C'est-à-dire qu'il va appuyer fort sur sa feuille, cette pression imposée à la main et à votre bras peut amener des douleurs très gênantes. La qualité graphique en souffre obligatoirement ainsi que la vitesse d'écriture. Une hypotonie peut aussi être observée. Le manque de tonus se retrouve dans la prise du stylo et il maitrise avec moins d'efficacité l'outil scripteur. Le tonus permet aussi de réguler la posture, lorsqu'il n'est pas adapté il entraine obligatoirement une mauvaise posture.

Le dessin, les jeux avec le stylo, les jeux de motricité fine, les jeux de balles ou de raquettes vont aider l'enfant à réguler son tonus pour lui permettre de trouver une énergie musculaire adaptée à l'écriture. 

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  • La motricité fine,

Les manipulations fines sont retrouvées dès la petite enfance avec le développement de la préhension. Tenir son stylo et le manipuler demandent des capacités de motricité fine déjà bien enrichies par 6 ans d'expérimentation au travers des jeux et de découverte. La prise du stylo à trois doigts ou quatre doigts doit être assez efficiente afin d'éviter les douleurs au niveau des doigts, du poignet ou du bras. Le stylo doit être pincé (pouce-index ou pouce-majeur/index) avec un doigt (majeur ou annulaire) comme support au-dessous. L'outil graphique doit aussi être posé dans le creux de la main afin d'avoir assez de support pour mobiliser tous les doigts lors de l'écriture.

En maternelle, lui demander d'écrire est inutile, l'enfant n'ayant pas encore les zones neurologiques assez matures, nous lui compliquons la tâche. Bien entendu certains enfants sont déjà en demande et dans ce cas là, il est toujours possible de leur proposer les lettres de leur prénom. Avant le CP, il est important, en plus des jeux de motricité fine, qu'il se familiarise avec le feutre, le stylo, le crayon de couleur au travers de dessin ou de peinture (ou autre). Durant cette période (fin de GSM), l'enfant devrait déjà avoir acquis les préscripturaux qui sont des prérequis à l'écriture comme les boucles a l'endroit/à l'envers, l'alternance de boucle, les ponts, les montagnes, les murailles, etc. Ces préscripturaux permettent d'acquérir les mouvements qui seront nécessaires à l'écriture des lettres cursives. Cette acquisition (des prérequis) est plus importante encore que les lettres bâtons appris en GSM et remplacés rapidement par les lettres cursives en CP.

Le mouvement et l'aisance au niveau de la motricité fine sont plus importants que la connaissance graphique des lettres. Sans mouvement, aucune lettre n'est possible. Dans un premier temps, donnons-lui la possibilité d'expérimenter.

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  • L'attention (fonction cognitive)

Les fonctions cognitives peuvent grandement perturber la mise en place de l'écriture en particulier lorsque l'enfant présente des difficultés attentionnelles voir des troubles de l'attention. L'effort que demande l'acte graphique est assez important, car il fait intervenir de nombreux domaines cités dans ce texte. La fatigabilité entrainée par l'écriture peut donc être gênante dans les apprentissages scolaires pour l'enfant ayant une attention faible. L'écriture est alors prise comme source de toutes les difficultés, pourtant lorsque l'enfant améliore ses capacités attentionnelles l'acte graphique devient moins lourd et la progression se fait  plus facilement.

L'enfant ne se définit pas par ses troubles, les difficultés viennent perturber son fonctionnement. Des bénéfices secondaires ou des compensations peuvent se mettre en place, il est alors plus intéressant de valoriser ses capacités afin qu'il trouve par lui-même ou avec aide des stratégies pour se défaire de ce noeud qui l'embête.

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  • La visuoconstruction et le visuospatial

Le visuospatial est la capacité de perception de son espace et des formes qui l'entoure (reconnaissance des formes entre autres), c'est un acte visuel. La visuoconstruction se définit par l'assemblage de différents éléments à partir d'un exemple ou de détails présents sur ces éléments (géométrie, construction de Lego à partir d'exemple, etc.), c'est un acte visuel ET moteur. Ces deux domaines fonctionnent avec les capacités de planification cognitive, d'attention, de mémorisation, de flexibilité mentale, etc.

L'écriture est d'abord une perception visuelle des formes dans un espace qui doit considérer la taille des lettres/des mots, le sens des lettres, les lignes de la feuille. Il utilise donc ses capacités visuospatiales. Ensuite, l'enfant doit construire cet ensemble de formes afin de produire une lettre. Par exemple, le "h" en cursif est une boucle à l'endroit et un pont. Lorsque les lettres sont connues, il doit réussir à les assembler ensemble afin de construire un mot puis une phrase. Pour cela, ses capacités visuconstructives sont stimulées.

L'enfant a donc besoin de stimuler toutes ses capacités visuospatiales et visuoconstructives avant et pendant l'apprentissage de l'écriture. Par le jeu et simplement par les jeux de construction, de reconnaissance des formes, d'assemblage de figures, de dessin, etc.

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  • Le temps et l'espace

L'acte graphique demande du rythme, chaque lettre et chaque mot ont leur propre rythme. Nous augmentons ou nous diminuons la vitesse à chacune de nos lettres et de nos syllabes écrites. La lenteur graphique est aussi un facteur à prendre en compte dans les difficultés d'écriture chez l'enfant, elle peut être une compensation pour essayer d'écrire les lettres le plus correctement possible. En prise en charge, l'écriture ralentit pendant un moment, car seule la qualité est importante. Grâce à l'automatisation du "bon" tracé des lettres, la vitesse vient par la suite. 

L'enfant a besoin de maitriser son espace et donc l'espace de la feuille : où dois-je commencer mon mot? ; ai-je le droit de prendre de l'espace dans mes mots et entre mes mots? ; je gère comment l'espace de mon bureau pour écrire?  L'enfant peut écrire très gros ou très petit, avoir ses mots/ses lettres qui sont serrés entre eux. Il doit trouver le bon espace et cela es possible qu'au travers des différentes expériences de jeu et d'apprentissages de l'écriture.

Les repères spatio-temporels se développent au fur et à mesure que l'enfant grandit, il a besoin qu'on pose des mots sur le temps et sur l'espace afin de comprendre le sens de ces deux domaines psychomoteurs.

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Au cours du bilan psychomoteur, tous ces domaines sont évalués pour observer si la qualité graphique et/ou la vitesse d'écriture sont dégradées. Une comorbidité se retrouve donc entre le graphisme et les domaines psychomoteurs cités au-dessus.

Il est important aussi de prendre en compte tout l'aspect psychologique, laisser une trace n'est pas si anodin. Les représentations corporelles (le schéma corporel et l'image du corps) peuvent jouer un grand rôle dans l'apprentissage graphique. Une faible estime de soi et de ses capacités (image du corps) amène moins de persévérance lorsqu'on est face à la difficulté. Une mauvaise représentation et perception de son corps (schéma corporel) entraine une motricité moins fine.

En psychomotricité, ces différents domaines sont pris en compte dans la rééducation de l'écriture. Un bilan orthophonique peut être nécessaire, car l'écriture et la lecture sont très liées (dyslexie, dysorthographie ...). Un bilan orthoptique est conseillé aussi, la poursuite oculaire peut-être aussi dégradée gênant l'enfant dans son écriture. Un bilan ergothérapique peut se mettre en place si l'enfant commence à avoir besoin d'aménagement spécifique (ordinateur, scanner, espace de la salle et de son bureau...). Tous ces professionnels, sous prescription médicale, sont présents pour aider et accompagner au mieux votre enfant. 

Pour plus d'information, au niveau de la psychomotricité, n'hésitez à me contacter. En ce qui concerne les autres professions ci-dessus, prenez contact avec un professionnel proche de chez vous pour une explication plus précise.

 

 



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